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l'Axe central de Beijing, long de 7,8 kilomètres, relie les principaux monuments de l'ancienne capitale et le tissu urbain de ses quartiers. Il incarne la sagesse orientale de « Imiter le ciel et la terre, unir l'homme au ciel », et représente une expression concentrée de l'ordre spatial et de l'esprit humaniste de la Chine.
Aujourd'hui, l'intelligence artificielle insuffle une nouvelle vitalité à cet axe urbain vieux de près de huit cents ans. Elle libère l'histoire des contraintes spatio-temporelles et l'intègre dans le quotidien du grand public. En septembre 2024, l'exposition immersive en réalité virtuelle « Regarder l'Axe central de Beijing » a ouvert ses portes à Wangfujing. Conçue comme une expérience cinématographique, elle reconstitué en 3D à l'échelle 1:1 les 15 sites emblématiques de l'Axe central. Les visiteurs peuvent ainsi « voyager » de façon immersive dans la Cité interdite, les Tours de la Cloche et du Tambour et la porte Tian'anmen, éprouvant une résonance émotionnelle authentique avec le patrimoine ancien, dans un entrelacement de réel et de virtuel. Cette initiative transforme l'Axe central, d'un simple héritage physique, en un repère spirituel perceptible, transmissible et partagé. Ce projet a été sélectionné comme cas exemplaire en 2025 dans le cadre de la protection et de la promotion de la diversité des expressions culturelles dans l'environnement numérique. Il illustre parfaitement comment Beijing utilise l'IA pour faire revivre son patrimoine culturel et préserver la diversité culturelle.
En tant que centre culturel national et pôle d'innovation scientifique et technologique internationale, Beijing trace une voie originale : utiliser l'IA pour préserver, dynamiser et innover dans des formes culturelles multiples, faire résonner ensemble l'héritage historique et la créativité de notre époque, et offrir un « modèle de la capitale » pour la protection de la diversité culturelle à l'ère numérique.
Réveiller la mémoire des livres anciens : l'IA met la documentation silencieuse à la portée de tous
Les gravures et livres anciens ont longtemps été confinés aux réserves en raison de leur haute technicité, des difficultés de diffusion et de leur fragilité. Aujourd'hui, d'un simple « clic » numérique, l'IA les fait sortir des réserves, entrer dans le quotidien et rayonner dans le monde.

L'expérience numérique immersive « Tableau de l'ancienne capitale », co-réalisée par la Bibliothèque de la capitale et CNPIEC UNTRO TECHNOLOGY BEIJING CO., LTD, est un exemple brillant de livres anciens qui « revivent » à l'ère numérique. S'appuyant sur 198 gravures et ouvrages rares tels que « Hong Xue Yin Yuan Tu Ji », « Wuying dian juzhen ban chengshi » et « Morokoshi meishō zue », le projet utilise des vidéos panoramiques, du 3D sans lunettes et d'autres technologies, avec pour fil conducteur l'« hirondelle de Beijing ». Il tisse la trame urbaine, l'esthétique architecturale et l'animation populaire de l'ancienne capitale, permettant au public de lire, dans un espace immersif, l'histoire et la chaleur d'une ville. Cette méthodologie de traduction numérique et de diffusion immersive offre un modèle reproductible pour les institutions culturelles publiques du pays souhaitant dynamiser leurs ressources documentaires.

Autre projet emblématique de préservation par l'IA : l'initiative caritative de sauvegarde des livres anciens de ByteDance. En collaboration avec l'Université de Beijing, ByteDance a lancé la plateforme gratuite « Connaître les livres anciens », qui met en ligne plus de 57 000 ouvrages anciens. Elle propose des fonctions pratiques comme un assistant IA, une lecture bilingue classique-moderne, ou encore un couplage texte-image. Le programme « Je révise des livres anciens avec l'IA – je deviens correcteur » a mobilisé 37 000 volontaires, qui ont achevé la révision d'environ 1,5 milliard de caractères, permettant à chacun de devenir acteur de la préservation de la civilisation. Sur le plan de la diffusion, le projet décline les livres anciens sous des formes jeunes (micro-dramas, documentaires) comme « Retour vers l'Encyclopédie Yongle », faisant entrer les textes anciens dans le quotidien, sortant les documents endormis des bibliothèques pour les rendre visibles, lisibles et réutilisables dans l'espace numérique.
Préserver la vitalité du patrimoine vivant : l'IA offre une nouvelle vie aux savoir-faire traditionnels
Lors de la Semaine internationale du patrimoine culturel immatériel de Beijing 2025, « Fei Fei », un personnage numérique, a servi de guide interactif polyglotte, fournissant explications, réponses et orientation grâce à une interaction multimodale fluide, séduisant un large public et permettant au PCI de toucher les jeunes sous un angle plus actuel.
C'est un exemple éloquent de l'IA au service de la transmission du patrimoine immatériel : elle ouvre de nouvelles voies pour résoudre les problèmes de rupture générationnelle, de manque de diffusion et de difficulté d'innovation, faisant passer le PCI de la « conservation statique » à un « renouveau vivant ».

Dans le quartier historique de Tianqiao, entre tuiles grises et briques vertes, l'art millénaire de l'imitation vocale entame un dialogue sonore avec la technologie. Grâce à un système d'enregistrement haute-fidélité, les voix des artistes sont collectées et archivées de manière urgente, préservant définitivement des sons naturels et des ambiances urbaines en voie de disparition. Les jeunes créateurs peuvent réutiliser ces matériaux sonores enrichis par l'IA pour créer à leur tour, redonnant vie à cet art ancien dans des espaces de spectacle, des vidéos courtes et d'autres nouveaux contextes, tout en préservant son authenticité et en élargissant son espace de survie.
Par ailleurs, l'espace culturel numérique Taiji Cube utilise la reconnaissance gestuelle par IA et la perception multimodale pour offrir une expérience intégrant divertissement, ressenti, mesure, pratique et bien-être. Le Taijiquan passe ainsi d'une transmission orale traditionnelle à un projet de santé numérique quantifiable, interactif et accessible à tout moment, attirant davantage de jeunes vers le patrimoine immatériel.
Valoriser les espaces urbains : l'IA pour une symbiose immersive du tissu urbain et de son patrimoine culturel
Lorsque l'IA s'infuse profondément dans l'espace urbain, Beijing brise les frontières conventionnelles pour créer des espaces culturels immersifs alliant culture, technologie et accessibilité universelle, rendant le patrimoine urbain à la fois palpable, perceptible et immersif.
Situé dans le quartier historique de Dashilan, le complexe numérique Beijing Fun – Ruijing Space est le premier grand complexe culturel numérique de Beijing. Il fusionne la trame séculaire du quartier avec l'IA et les métavers pour créer une zone d'expérience immersive de 6 000 mètres carrés, réalisant une boucle complète « numérisation – expérience culturelle – conversion en consommation ». Un guide numérique sous forme d'esprit lumineux IA, combinant interaction vocale et imagerie 3D, devient le « guide de poche » des visiteurs. Le projet a également lancé un « plan artistique et technologique numérique pour toutes les générations », tenant compte des besoins des différents âges pour que l'espace immersif soit plus chaleureux et inclusif.

Source : Compte officiel WeChat « 文明海淀(Civilisation de Haidian) »
Dans les manifestations (salons, conférences), les expériences immersives par IA sont également remarquables. Lors de la quatrième Conférence annuelle sur le développement de l'industrie de l'IA à Beijing, une zone d'interaction « saveur pékinoise » a été installée : grâce à de grands modèles vidéo d'IA, des ruelles (hutong) ont été recréées pour que les visiteurs puissent expérimenter la technologie au quotidien (photos IA, cuisine intelligente…). Dans le quartier « IA Origin Community », cette symbiose entre technologie et vie quotidienne est encore plus concrète : on y croise le robot polyvalent « petit commis » de Galaxy General, capable de préparer du café, des glaces ou d'offrir des massages thérapeutiques. L'IA s'intègre ainsi dans les scènes de la vie courante, rendant la culture urbaine plus accessible et plus vivante grâce à la technologie.
Favoriser les échanges entre civilisations : l'IA met le modèle de Beijing à disposition du monde
La diversité culturelle est un trésor commun de l'humanité, et les technologies numériques ouvrent de nouvelles possibilités pour le dialogue interculturel. Les pratiques culturelles de Beijing basées sur l'IA transcendent les frontières et deviennent de doux ponts entre les civilisations orientale et occidentale.

Le projet archéologique sino-égyptien soutenu par la technologie numérique, sur le site de Saqqarah, utilise la numérisation 3D haute précision et l'imagerie par amélioration des micro-reliefs. Des milliers de précieux sarcophages en bois bénéficient ainsi d'archives numériques holographiques, et une base de données multilingue accessible mondialement permet aux chercheurs du monde entier d'étudier des données archéologiques de haute fidélité, brisant les limites d'espace, de temps et de frontières.
En 2025, le district de Xicheng a lancé la première chanson d'opéra chinois multilingue générée par un grand modèle AIGC, « Cinq continents chantent l'opéra en harmonie ». Grâce à l'IA, celle-ci ajuste le timbre et la prosodie pour que chaque version linguistique conserve la prononciation et la saveur authentiques de l'opéra de Beijing, permettant aux auditeurs du monde entier d'apprécier la beauté de l'opéra chinois sans barrière linguistique.

Le poème dansé « A Tapestry of a Legendary Land » utilise des technologies de scène intelligentes pour créer un théâtre immersif, permettant au public de comprendre l'esthétique orientale dans une expérience saisissante. Le projet numérique « L'art du kung-fu Shaolin – L'esprit », s'appuyant sur l'AIGC et la capture de mouvement, permet au kung-fu Shaolin de rayonner numériquement à l'international, faisant connaître le patrimoine immatériel chinois au-delà des frontières.
Ces pratiques pékinoises de l'IA ne se résument pas à des démonstrations technologiques spectaculaires. Elles répondent pleinement à l'esprit de la Convention de l'UNESCO sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles. Ce sont des actions culturelles porteuses de sens, d'engagement et de transmission.
Ce que l'IA éclaire, c'est la continuité millénaire du patrimoine de Beijing ; ce qu'elle protège, c'est la diversité culturelle commune à l'humanité. Dans la vague de l'ère numérique, Beijing, reconnue comme « Ville du design » par l'UNESCO, adopte une posture plus ouverte, plus innovante et plus inclusive pour transformer ses ressources culturelles en contenus numériques vivants, partageables et co-créatifs, afin que la diversité culturelle soit plus efficacement préservée, diffusée et développée à l'ère numérique.