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Le secrétaire général de l'ONU a déclaré qu'il avait soumis à l'Assemblée générale un nouveau panel scientifique sur l'IA
2026-02-10 ICCSD

Photo : Xinhua

Devant les journalistes, le chef de l'ONU a annoncé avoir soumis à l'approbation des États membres une liste de 40 experts, issus de toutes les régions du monde, appelés à siéger au futur Panel scientifique international indépendant sur l'intelligence artificielle. Le principe de ce panel avait été acté dans le Pacte pour l'avenir, un accord intergouvernemental sur le numérique signé en 2024. Cette fois, l'organe prend corps.

« L'IA avance à la vitesse de la lumière », a averti le Secrétaire général, António Guterres, soulignant qu'« aucun pays ne peut, à lui seul, voir l'ensemble du tableau ». « Aujourd'hui, nous faisons un pas important pour contribuer à assurer que l'intelligence artificielle serve l'ensemble de l'humanité », a-t-il affirmé. « Ce sera le premier organe scientifique mondial et pleinement indépendant dédié à aider à réduire l'écart des connaissances en IA et à évaluer l'impact réel de l'IA dans les économies et sociétés ».

Le panel fournira un point de référence faisant autorité à un moment où il est plus essentiel que jamais de comprendre l'IA de manière fiable et objective, a-t-il indiqué. Son mandat sera d'une durée de trois ans à partir de sa date de nomination. Il aura pour mission de « distinguer les faits des faux, et la science du brouet », selon les mots du Secrétaire général, à l'heure où les récits concurrents et les intérêts géopolitiques brouillent la compréhension collective. L'enjeu n'est plus de débattre de l'opportunité d'un tel mécanisme, mais d'en faire un outil opérationnel, capable d'éclairer les décisions politiques dans un paysage technologique saturé de promesses, de peurs et de désinformation.

« L'IA est en train de transformer notre monde. La question est de savoir si nous allons modeler cette transformation ensemble, ou la laisser nous modeler. À une époque de tensions géopolitiques profondes et de rivalités technologiques croissantes, nous avons besoin urgemment d'un terrain commun — et d'une base pratique de coopération basée sur la science et la solidarité. C'est ce que ce panel peut nous aider à apporter », a expliqué M. Guterres.

Durant la conférence de presse, Amandeep Gill, l'envoyé spécial de l'ONU pour les technologies émergentes, a précisé les contours du processus. La sélection s'est appuyée sur un appel mondial à candidatures ouvert à l'automne, qui a suscité environ 2 700 candidatures. Les profils ont été évalués sur des critères stricts définis par l'Assemblée générale : excellence scientifique en intelligence artificielle, approche interdisciplinaire, diversité géographique, équilibre femmes-hommes et prise en compte des propositions des États membres.

La liste transmise au Secrétaire général — 19 femmes et 21 hommes — inclut des figures de premier plan de la recherche mondiale, parmi lesquelles des lauréats du prix Nobel et du prix Turing. Tous siègeront à titre personnel, sans rémunération, et consacreront une part significative de leur temps à ce travail. Le mandat est clairement balisé : le panel ne sera pas prescriptif. Il ne produira pas de normes, mais une base scientifique commune destinée à éclairer les débats politiques à venir.

Un premier rapport est attendu d'ici juillet 2026, afin d'alimenter un futur dialogue mondial sur la gouvernance de l'IA prévu à Genève. D'autres productions pourraient suivre sous forme de notes thématiques, notamment sur l'éducation, le marché du travail ou les objectifs de développement durable.

Entre l'ambition d'un savoir mondial partagé et la réalité d'abus déjà massifs, l'ONU tente de rattraper une technologie qui n'attend personne. Le panel dira ce que l'IA fait au monde. Reste à savoir qui agira, et à quelle vitesse.

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