
Grâce aux technologies numériques, le Musée du Grand Canal de Beijing a reproduit intégralement les détails de ses salles d'exposition pour créer un espace de visite virtuel. L'exposition en cours « Voiles sur les flots, fusion des lumières – Exposition spéciale de porcelaines armoriées chinoises des XVIIIe et XIXe siècles, collections du Musée de Tianjin » propose désormais une version en ligne. Les visiteurs peuvent ainsi, sans se déplacer, traverser le temps et l'espace pour entamer un dialogue entre les civilisations orientale et occidentale.

Les porcelaines d'exportation sous les dynasties des Ming et Qing, célèbres à l'étranger, portent fortement l'empreinte de leur époque et des échanges culturels sino-occidentaux. Les porcelaines armoriées, une catégorie de porcelaines d'exportation, tirent leur nom des armoiries de nobles européennes peintes sur leur surface. Cette exposition en ligne se structure autour de trois unités, transportant les visiteurs sur la Route maritime de la Soie des XVIIIe et XIXe siècles, lieu de fusion sino-occidentale. Ils peuvent y examiner plus de 130 pièces (ou ensembles) de porcelaines armoriées chinoises, accompagnées d'explications textuelles approfondies et d'un guide audio professionnel, pour découvrir les histoires qui se cachent derrière ces objets.

« Les porcelaines armoriées ont introduit en Occident un nouveau mode de vie et une sensibilité artistique luxueuse », explique Zheng Hao, commissaire de l'exposition et conservateur adjoint du Musée de la Capitale. Elle cite comme exemple typique un ensemble d'assiettes armoriées de la famille Okeover en porcelaine cantonaisse de la période Qianlong. En 1740, la famille a commandé 70 assiettes et 30 plats de service, chacun coûtant en moyenne 1 livre sterling, soit dix fois le prix de commande d'une porcelaine armoriée ordinaire. La fabrication de cet ensemble, depuis la conception et la peinture des modèles jusqu'à la cuisson, a été extrêmement soignée, ce coût élevé en faisant la pièce la plus prestigieuse parmi les porcelaines armoriées.

Par ailleurs, cette exposition, organisée conjointement par plusieurs institutions culturelles et muséales, concrétise les fruits de la coopération culturelle renforcée entre Beijing, Tianjin et la province du Hebei. « L'exposition présente également deux porcelaines armoriées commandées par des femmes, ce qui est très rare », précise Qiao Yue, conservateur adjoint du Musée de Tianjin. L'une est une assiette aux armoiries de la famille King, en porcelaine cantonaisse de la période Yongzheng, commandée par le politicien et juge britannique Peter King pour sa fille. L'assiette, de style rouge de fer à rehauts d'or, présente des armoiries baroques d'une grande finesse et un bord orné de motifs traditionnels chinois. L'autre est une saucière aux armoiries de la famille Verney, en porcelaine cantonaisse de la période Yongzheng, imitant la forme d'argenterie occidentale du début du XVIIIe siècle, dont le corps est orné de motifs chinois divers symboliques. Ces porcelaines armoriées, imprégnées de l'histoire des échanges culturels sino-occidentaux, occupent une place importante dans l'histoire du développement de la porcelaine.
Source : Beijing Daily